Articles

  • Réflexion sur la question des droits d'auteur dans l'origami par le MFPP
  • Un renard futé de Christophe Curat et Michel Grand
  • Diagrammes vidéos et demande de permission : pourquoi et comment ? de Sara Adams traduit et adapté par Jean-Michel Lucas
  • Quelle sorte d'art est l'origami ? de Viviane Berty
  • David Petty : un grand du pliage de Claire Landre et Michel Grand

Diagrammes

  • Renard de Mitsuo Okuda
  • Raie manta (photos) de Hoang Tien Quyet
  • Raie manta de Guillaume Denis
  • Cœur qui bat de David Petty
  • Danseuse de flamenco (photos) de Florence Girard

Éditorial : L'Âge d'or de l'origami

L’origami reste un art méconnu du grand public, nous le constatons. Certes, il connaît un essor décuplé par la rapidité de circulation des informations et par l’émulation à l’échelle mondiale que permet Internet. Certes, il atteint les extrêmes opposés de la complexité (grâce à l’apparition de papiers spéciaux, préparés parfois pour une seule œuvre, mais aussi à l’assistance des ordinateurs pour le « computational origami » ou encore aux recherches en mathématique et géométrie pour le « technical folding ») et du dépouillement (courbes non pliées, inflexion du papier humecté, technique du « wet folding »). Pourtant, il n’atteint pas encore la rubrique culturelle qui annonce les expositions d’art dans les journaux nationaux.

Les causes de cette absence, de cette invisibilité, sont les mêmes que celles du vide juridique dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle des créateurs de l’origami. Sans avoir l’ambition de découvrir des causes aussi profondes, le MFPP a tenté d’apporter sa contribution à la réflexion sur ce sujet qui apparaît tour à tour dans les associations et groupes d’origami du monde entier. Quelle est la particularité de cet art : l’origami ? Comment se fait-il que le respect des droits d’auteur n’y paraisse pas aussi impératif que dans les autres domaines artistiques ? Pourquoi la différence entre les amateurs et les professionnels est-elle aussi floue ? Faut-il déplorer cette situation, ou au contraire n’y a-t-il pas lieu de s’en réjouir ? Peut-être l’origami en est-il encore aujourd’hui à son âge d’or, celui de l’innocence, d’un paradis originel…

Modestie des créateurs

Il subsiste de nombreux modèles qualifiés de « traditionnels », mais ce que nous devons entendre par ce terme est en réalité « oubli du nom de l’auteur ». C’est ce qu’il ressort de l’enquête menée par Michel Grand, mémoire vivante de l’origami, au terme de laquelle est rendu au célèbre « Renard » le nom de son père : Mitsuo Okuda.

Partage plutôt que concurrence

Guillaume Denis, plieur français, invente un jour un modèle de « Raie Manta », puis il découvre sur Internet que Hoang Tien Quyet, plieur vietnamien a créé un modèle assez semblable mais avec une approche technique différente : il lui écrit pour lui proposer une publication des deux diagrammes afin de les comparer. Réponse enthousiaste de Quyet : nulle concurrence, il n’y a que la joie de l’échange des idées.

Éduquer plutôt que sanctionner

Sara Adams, consacre de longues pages dans la revue électronique « The Fold » (Origami USA) pour apprendre avec une patience toute maternelle aux enfants de l’origami les règles élémentaires du savoir-vivre : demander la permission aux auteurs avant d’utiliser leurs modèles…

Exploration des possibles et non soumission aux règles

En marge de pliage de papier, la danseuse de Florence Girard, partant de la technique de base du papier froissé et mouillé, utilise ciseaux, élastiques et pinces à linge pour modeler à tout prix une forme en mouvement, libérée de toute contrainte géométrique.

Le MFPP est une association qui rassemble tous les passionnés du pliage de papier désireux de promouvoir l’expression, la communication et la création, par la pratique de cet art. Son rôle de diffusion culturelle le place sur le même plan que les professionnels de l’origami Cependant, en tant qu’association fidèle à la philosophie de la loi 1901, le MFPP défend des valeurs : solidarité, responsabilité, non profit individuel, primauté de l’individu sur l’argent, l’homme étant au service de l’homme. Ces valeurs, conditions sine qua non du climat chaleureux et amical encore caractéristique du monde de l’origami ne sont nullement incompatibles avec la rigueur, la qualité, la fiabilité qui sont les meilleurs aspects du professionnalisme. Nous avons inclus dans ce numéro le diagramme du célèbre « Beating heart » (Cœur qui bat) pour dire adieu à son créateur, David Petty. Gardons toujours en mémoire ce symbole afin que le monde de l’origami ne devienne pas un paradis perdu.

Viviane Berty.