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  • « Quand un ami s'en va, quelque chose meurt dans notre âme » par Alain Georgeot
  • Avec Jean-Claude par Gilles Gautherin
  • « Je veux jouer du papier et de mes doigts comme vous jouez du souffle et du geste » par Jean Pol Marchand
  • Le Pli par Jean-Claude Correia
  • Jean-Claude Correia par Dave Brill

Diagrammes

  • Crâne de Jean-Claude Correia
  • Iguane IV de Jean-Claude Correia
  • L'Oiseau blanc de Jean-Claude Correia

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Diagrammes de Jean-Claude Correia et liste de ses modèles publiés.

Éditorial

Jean-Claude Correia s’est éteint le 14 février 2016. Cette nouvelle a plongé la communauté des plieurs français dans une immense tristesse. Ses compagnons de route et ses amis, Gilles Gautherin, Jean Pol Marchand, Alain Georgeot et Dave Brill nous parlent, dans ce numéro hommage au fondateur de notre association (voir pages 3, 4, 5 et 9), de l’homme, de son itinéraire, de ses passions. Ils racontent aussi ces années où chaque nouveau pliage enthousiasmait la belle équipe de la rue des Vinaigriers1.

C’est dans les années 1970 que Jean-Claude Correia découvre le pliage de papier. Il étudie alors tous les diagrammes qu’il trouve dans les rares livres d’origami de l’époque. Le désir de partager ce qui est devenu une passion le conduit à créer, en 1978, le Mouvement Français des Plieurs de Papier, avec Gilles Gautherin, son plus fidèle ami des années « Arts déco ». Jacques Justin, autre pionnier du MFPP, écrit dans le portrait2 qu’il fit de Jean-Claude Correia : « Il souhaitait faire partager à d’autres son intérêt pour le pliage et créer une communication permettant la confrontation des idées, d’où le nom de Mouvement qu’il a donné à l’association pour exprimer l’idée d’aller et retour. » De sept membres à sa fondation en 1978, l’association passe à une cinquantaine au bout d’un an d’existence. Jean-Claude Correia prend rapidement contact avec la BOS afin de créer un lien entre plieurs anglais et français. Ils traverseront régulièrement la Manche « pour partager, dans une relation de confiance et d’amitié, modèles et techniques de pliage, et accélérer ainsi notre apprentissage », écrira-t-il. Ces échanges se poursuivent avec les plieurs italiens ce qui fera dire à Jean-Claude Correia : « La langue n’est plus une barrière, le pliage l’a remplacée. » Partages et liens entre plieurs restent sa première préoccupation. La naissance de la revue Le Pli, en 1979, va permettre aux adhérents de mieux se connaître et de réaliser l’ampleur du monde de l’origami car, à l’époque, Internet n’existe pas. Et cet outil de communication devient vite un lieu intense de publications grâce aux talents de Jean-Claude Correia et Gilles Gautherin. La créativité des diagrammes et des illustrations publiés reflète le nouveau langage graphique des années 70. Les articles font découvrir que l’origami est pratiqué dans de nombreux pays et on incite même les passionnés à adhérer aux associations étrangères. Ce constant souci du partage est à l’origine de la parution régulière d’un carnet d’adresses de correspondants régionaux pour mettre en relation les adhérents de province. Mais Jean-Claude Correia et ses camarades ressentent la nécessité pour les membres de l’association de se rencontrer. C’est la naissance du premier Festival International de Pliage de Papier (FIPP)  à Mirepoix-sur-Tarn, en 1982. « Un festival pour la fête, le plaisir, l’échange et la rencontre », est-il précisé dans l’annonce du Pli n°11. Et la fête est très réussie. Roberto Morassi, Dave Brill et Juan Gimeno sont présents. Six journées d’effervescence qui ravissent les participants. Fort de ce succès, un nouveau festival est organisé à Grenoble en 1983. Huit nations sont représentées soit par des créateurs venus enseigner, soit par l’envoi de modèles – plus de 1000 sont exposés – en témoignages de sympathie. Le principe des Rencontres du MFPP est né. Jean-Claude Correia quitte la présidence en 1984 et reste néanmoins président d’honneur, toujours attentif à la vie de l’association.

Mais il n’abandonne pas le pliage, il veut aller ailleurs, plus loin. Cette nouvelle voie, il l’a formulée lors de son intervention en 1988 à la Xe Convention américaine : « En 1971, Samuel Randlett disait : “L’origami se tient en équilibre entre l’art et le jeu. C’est un art régi par des règles strictes et simples comme celle d’un jeu, ou bien, c’est un jeu qui peut produire un travail d’art.” En 1988, c’est la deuxième partie qui m’intéresse. Comment un jeu peut-il produire un travail d’art ? » Et Jean-Claude Correia poursuit : « L’œuvre d’art est une idée passée dans un matériau. Ici le papier. C’est une œuvre de l’esprit3. » Nous sommes là au point de départ d’une œuvre qui sera magnifique mais inachevée comme l’exprime Jean Pol Marchand, l’ami de quarante ans, quand il écrit aujourd’hui : « Le temps n’a pas permis que les nouvelles gammes de Jean-Claude Correia aboutissent à un art renouvelé, mais son œuvre de plieur de papier demeure : elle est là pour inciter tous les amateurs d’origami à affûter leurs idées et perfectionner leur technique pour accéder à plus d’esprit. »

Dans le cadre des Rencontres de mai 2016, à Metz, un hommage sera rendu à Jean-Claude Correia.

Yves Clavel et Jean -Jacques Delalandre

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